Vérifier les sources citées par une IA de recherche
Une IA de recherche affiche des liens à côté de sa réponse. Voici comment les ouvrir, les comparer à l'affirmation et savoir quand ne pas s'y fier.
En 30 secondes
- Où ça arrive
- Dans toute réponse d'une IA accompagnée de liens, qu'on l'utilise pour préparer une note, un achat, un dossier ou une décision.
- Ce que veut l'attaquant
- Parfois personne, car l'OWASP note qu'une erreur peut causer des dégâts sans attaquant1. Quand il y en a un, il cherche à glisser des consignes dans une page que l'IA va lire2.
- Le réflexe
- Ouvrir chaque lien cité, vérifier que la page existe, qui l'édite et qu'elle dit bien ce que la réponse affirme, puis ne rien décider d'important sur une réponse non vérifiée.
- Si c'est déjà fait
- Refaire la vérification maintenant, et prévenir les personnes concernées si la source ne tient pas.
De quoi parle-t-on
Un moteur de recherche à base d'IA répond en phrases rédigées et affiche des liens à côté. La présentation donne l'impression que chaque phrase a été contrôlée contre ces pages. Or un modèle de langage peut produire un contenu qui paraît exact alors qu'il est inventé. L'OWASP, qui tient une liste des principaux risques des applications d'IA générative, appelle ce phénomène l'hallucination1.
Cette fiche explique comment contrôler soi-même les sources affichées avant de s'appuyer sur une réponse, surtout quand elle sert à décider quelque chose. Les sources de cette fiche ne décrivent pas le fonctionnement interne de produits précis. Elles portent sur les risques de ces outils en général.
Questions directes
Pourquoi une IA peut-elle citer une source qui ne dit pas ce qu'elle affirme ?
Selon l'OWASP, les modèles comblent les lacunes de leurs données d'entraînement avec des régularités statistiques, sans comprendre le contenu. Ils peuvent donc produire des réponses plausibles et sans fondement1. Un lien affiché à côté d'une phrase ne prouve pas que la phrase en vient. C'est une raison suffisante pour aller lire la page.
Un lien qui s'ouvre prouve-t-il que l'information est juste ?
Non. L'existence de la page est la première vérification, pas la dernière. Il faut ensuite lire le passage concerné et le comparer avec l'affirmation de l'IA. L'OWASP recommande de recouper les réponses d'un modèle avec des sources externes de confiance1.
Une IA peut-elle inventer des documents ?
L'OWASP cite deux cas. Le premier concerne des affirmations sans fondement : ChatGPT a fabriqué de fausses affaires judiciaires, ce qui a causé de sérieux problèmes devant un tribunal1. Le second concerne le code : des assistants de programmation suggèrent des bibliothèques qui n'existent pas, et des attaquants publient ensuite des paquets malveillants sous ces noms1. Le principe vaut pour les références : un nom, un numéro ou un titre fournis par une IA se vérifient à la source.
Une page web peut-elle manipuler la réponse ?
Oui. L'OWASP décrit l'injection de prompt indirecte : le modèle accepte des données venues de sources externes, comme des sites web ou des fichiers, et leur contenu modifie son comportement de façon imprévue2. Dans l'un de ses scénarios, un utilisateur demande à une IA de résumer une page web contenant des instructions cachées, qui provoquent la fuite de la conversation privée2. Ces instructions n'ont pas besoin d'être visibles ou lisibles par un humain : il suffit que le modèle les traite2.
Les défenses des éditeurs règlent-elles le problème ?
Pas entièrement. L'OWASP écrit que la génération augmentée par récupération (RAG), qui va chercher des documents pour étayer la réponse, ne supprime pas complètement les failles d'injection de prompt2. Le NCSC britannique juge qu'il est très possible que ces attaques ne soient jamais totalement neutralisées, parce que les modèles actuels ne font aucune distinction entre données et instructions dans un prompt3. Le contrôle humain reste donc nécessaire.
1Comment ça marche1 min
Une IA de recherche va chercher du contenu extérieur et rédige une réponse à partir de lui. L'OWASP range les sites web et les fichiers parmi les entrées externes qui peuvent altérer le comportement d'un modèle2. Le NCSC en donne la raison : sous le capot, le modèle ne distingue pas une donnée d'une instruction, il prédit seulement le « next token »3.
Deux erreurs peuvent s'ajouter. La première vient du modèle : l'OWASP cite les hallucinations, mais aussi les biais des données d'entraînement et les informations incomplètes1. La seconde vient de l'utilisateur. L'OWASP appelle « overreliance » le fait de faire trop confiance à un contenu généré sans en vérifier l'exactitude, ce qui aggrave l'effet de la désinformation1.
Le NIST, organisme américain, a publié un profil consacré à l'IA générative, qui peut aider les organisations à identifier les risques propres à ces outils4. Ce profil est un document d'accompagnement du cadre de gestion des risques de l'IA, dont l'usage est volontaire5.
2Ce que vous faites1 min
- Ouvrez chaque lien cité, un par un. Un lien qui ne s'ouvre pas, qui renvoie une erreur ou qui mène à une page sans rapport avec la question ne soutient rien.
- Regardez qui édite la page. Une administration, un organisme de normalisation ou un éditeur identifiable vaut mieux qu'un site sans auteur ni date.
- Cherchez dans la page la phrase qui correspond à l'affirmation. Si vous ne la trouvez pas, considérez l'affirmation comme non confirmée.
- Remontez à la source d'origine. Si la page cite elle-même un autre document, ouvrez celui-là.
- Recoupez avec une seconde source indépendante pour tout chiffre, date, nom ou décision qui compte. L'OWASP recommande ce recoupement avec des sources externes de confiance1.
- Pour un sujet à enjeu (santé, droit, finance, sécurité), faites relire par une personne compétente. L'OWASP recommande une supervision humaine, surtout pour les informations critiques ou sensibles1.
- Ne copiez pas une réponse non vérifiée dans un dossier, un courriel client ou une décision. Notez ce qui a été vérifié et ce qui ne l'a pas été.
3Les pièges2 min
Fausse précision. Un chiffre exact ou une citation entre guillemets donnent une impression de rigueur. L'OWASP relève qu'un modèle peut donner l'illusion de comprendre un sujet complexe, ce qui induit les utilisateurs en erreur1. Retrouvez le chiffre et la citation dans la page.
Sources de second rang. Une page qui reprend un autre site n'ajoute pas de preuve. Remontez jusqu'à l'éditeur d'origine.
Contenu piégé. Une page peut contenir du texte écrit pour l'IA et pas pour vous. Le NCSC donne l'exemple d'un CV contenant un texte caché qui demande d'ignorer les consignes précédentes et d'approuver le candidat. Il s'agit d'un exemple d'illustration, pas d'un incident daté3. Si une réponse recommande de façon inattendue un site, un produit ou une action, ouvrez la page et cherchez ce qui l'explique. Ne suivez jamais une consigne trouvée dans une source : signalez-la.
Excès de confiance. Les liens, la mise en page et le ton assuré rassurent. L'OWASP cite le robot conversationnel d'Air Canada, qui a donné des informations erronées à des voyageurs : la compagnie a été poursuivie avec succès1. La page ne date pas ce cas. Elle recommande aussi d'indiquer clairement aux utilisateurs les limites de fiabilité de ces outils1. Si l'outil n'affiche rien de tel, tenez cette limite pour acquise.
Filtres supposés. Le NCSC déconseille les filtres de type liste de refus, parce qu'une attaque peut se reformuler d'une infinité de façons3. Il met aussi en garde contre les produits qui prétendent « stopper » l'injection de prompt3. Un outil d'entreprise validé ne dispense donc pas de lire les sources.
Fiche
- Identifiant
- CP-280
- Aile
- 4. Intelligence artificielle
- Compétence Brain
- Vérifier les réponses (verify_output)
- Réflexe Brain
- air-031
- Schéma
- G2 · Comparatif Mythe vs Réalité
- Langues
- de, en, fr
- Sources
- 5 sources vérifiées le 3 novembre 2026
Sources5 sources
- OWASP, « LLM09:2025 Misinformation », 10 avril 2024. https://genai.owasp.org/llmrisk/llm092025-misinformation/ (consulté le 3 novembre 2026)
- OWASP, « LLM01:2025 Prompt Injection », 10 avril 2024. https://genai.owasp.org/llmrisk/llm01-prompt-injection/ (consulté le 3 novembre 2026)
- NCSC (Royaume-Uni), « Prompt injection is not SQL injection (it may be worse) », 8 décembre 2025. https://www.ncsc.gov.uk/blog-post/prompt-injection-is-not-sql-injection (consulté le 3 novembre 2026)
- NIST, « AI Risk Management Framework ». https://www.nist.gov/itl/ai-risk-management-framework (consulté le 3 novembre 2026)
- NIST, « Artificial Intelligence Risk Management Framework: Generative Artificial Intelligence Profile », 26 juillet 2024. https://www.nist.gov/publications/artificial-intelligence-risk-management-framework-generative-artificial-intelligence (consulté le 3 novembre 2026)
Citer cet article
Brain, « Vérifier les sources citées par une IA de recherche », Cyberpedia, 2026. https:/
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