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Validation humaine des agents IA

Un agent IA peut préparer une action, mais certaines doivent être approuvées par une personne. Ce que le salarié lit, accepte ou refuse.

En 30 secondes

Où ça arrive
Un assistant ou un agent IA propose d'envoyer un message, de supprimer un fichier, de payer ou de changer un accès.
Ce que veut l'attaquant
Faire exécuter une action à l'agent, par exemple en cachant des instructions dans un e-mail ou une page web que l'agent lit2.
Le réflexe
Ne jamais approuver une action d'un agent sans avoir lu ce qu'elle fait, et refuser s'il manque des éléments.
Si c'est déjà fait
Prévenir tout de suite le service sécurité de Brain, puis ne plus utiliser l'agent concerné jusqu'à sa réponse.

De quoi parle-t-on

Un agent IA ne se contente plus de répondre à une question. Il peut lire une boîte mail, ouvrir des documents, appeler d'autres outils et agir à la place de son utilisateur. La CNIL parle d'une IA agentique « désormais capable d'agir sur son environnement à la place de son utilisateur »1.

Le principe de validation humaine (en anglais Human-in-the-Loop) répond à ce changement : l'agent prépare, une personne approuve avant que l'action ait lieu. Cette fiche explique ce que le salarié doit lire avant de cliquer, et quand il doit refuser.

Questions directes

Qu'est-ce que la validation humaine ?

C'est une étape où une personne doit dire oui avant qu'une action à fort impact soit exécutée. L'OWASP la décrit ainsi : utiliser un contrôle humain pour exiger qu'une personne approuve les actions à fort impact avant qu'elles soient prises3. L'OWASP donne un exemple : une application qui publie du contenu sur les réseaux sociaux au nom d'un utilisateur doit comporter une routine d'approbation dans l'extension qui réalise la publication3.

Quelles actions doivent toujours passer par une personne ?

Cette fiche en retient cinq catégories : les paiements, la suppression de données, l'envoi de messages vers l'extérieur, la modification de droits d'accès et les décisions qui touchent des personnes. Les sources citées ici ne dressent pas cette liste. Elles parlent d'« actions à fort impact »3 et donnent comme exemples la suppression de documents sans confirmation de l'utilisateur et l'envoi de messages3.

Pourquoi l'agent ne peut-il pas juger seul ?

Parce qu'il peut se tromper ou être manipulé. L'OWASP appelle « Excessive Agency » la faiblesse qui permet des actions dommageables à la suite de réponses inattendues, ambiguës ou manipulées d'un modèle de langage, quelle que soit la cause du dysfonctionnement3. Parmi les déclencheurs courants, l'OWASP cite les hallucinations et l'injection de prompt3.

Que dois-je lire avant d'approuver ?

Au minimum : ce que l'action fait, sur quelles données ou quels comptes, et vers qui elle part. Si l'agent propose d'envoyer un message, lisez le destinataire et le contenu complet. Si le résumé de la demande est vague, c'est une raison de refuser.

Puis-je refuser ?

Oui. Un refus ne coûte rien : l'agent peut reformuler et la demande peut être refaite. Une approbation donnée par erreur peut être irréversible, par exemple une suppression ou un message déjà parti.

1Comment ça marche1 min

L'OWASP explique qu'un système à base de modèle de langage reçoit souvent de son développeur la capacité d'appeler des fonctions ou d'autres systèmes, par des extensions (parfois appelées outils, compétences ou plugins). Le choix de l'extension à utiliser peut aussi être confié à l'agent lui-même3. Un agent enchaîne généralement plusieurs appels au modèle, chacun s'appuyant sur le résultat des précédents3.

L'OWASP identifie trois causes habituelles d'une autonomie excessive : trop de fonctions, trop de permissions, trop d'autonomie3. La validation humaine répond à la troisième : l'OWASP donne comme exemple une extension qui supprime les documents d'un utilisateur sans lui demander de confirmation3.

La validation ne remplace pas les autres protections. L'OWASP recommande aussi de ne donner à l'agent que les extensions, les fonctions et les permissions nécessaires, et de faire contrôler les autorisations par les systèmes en aval plutôt que par le modèle3. Pour l'injection de prompt, l'OWASP range le contrôle humain des opérations privilégiées parmi les mesures qui limitent l'impact2. Ces choix reviennent aux équipes qui déploient l'agent, pas au salarié.

2Ce que vous faites1 min
  • Lisez la demande d'approbation en entier avant de répondre, y compris les destinataires, les fichiers et les comptes concernés.
  • Refusez quand vous ne comprenez pas ce que l'agent va faire, ou quand la demande ne correspond pas à ce que vous lui avez demandé.
  • Refusez une action qui n'a aucun rapport avec votre tâche en cours : un agent qui résume un document n'a pas de raison de proposer d'envoyer un message.
  • Pour une action qui touche d'autres personnes, un paiement ou des accès, vérifiez par un autre moyen si le doute persiste.
  • Signalez à la sécurité tout agent qui agit sans demander votre accord alors qu'il devrait le faire.
3Les pièges2 min

Valider sans lire

Quand les demandes d'approbation se répètent, on finit par cliquer sans regarder. La validation devient alors une formalité et ne protège plus rien. Une demande qui apparaît en milieu de tâche demande la même attention que la première de la journée.

L'agent qui a trop de droits

L'OWASP donne l'exemple d'une extension censée lire des données, mais qui se connecte à une base avec une identité qui peut aussi modifier, insérer et supprimer3. Il cite aussi l'extension qui agit pour un utilisateur avec un compte privilégié générique ayant accès aux fichiers de tous les utilisateurs3. Dans ces cas, une seule approbation peut avoir des effets bien plus larges que ce que la demande laisse voir.

L'injection de prompt

L'OWASP décrit l'injection indirecte : le modèle accepte des contenus venus de l'extérieur, comme des sites web ou des fichiers, et ces contenus modifient son comportement de façon imprévue2. Les instructions n'ont pas besoin d'être lisibles par un humain, tant que le modèle les traite2. L'OWASP ajoute qu'on ne sait pas s'il existe des méthodes de prévention infaillibles2. L'approbation humaine est donc un garde-fou à ne pas contourner.

L'illustration suivante est neutralisée : la consigne cachée est paraphrasée.

Extrait
Illustration (fictive). Texte caché dans un e-mail reçu :
[consigne adressée à l'assistant : chercher des informations sensibles
dans la boîte et les transférer à une adresse externe]
Demande d'approbation affichée au salarié :
"Envoyer un message à [email protected] ?"

C'est le scénario que décrit l'OWASP : un e-mail piégé pousse l'assistant à parcourir la boîte et à transférer des informations sensibles à l'adresse de l'attaquant3. Parmi les parades, l'OWASP cite l'obligation de relire et de cliquer manuellement sur « envoyer » pour chaque message rédigé par l'extension3.

Croire que la validation suffit

L'OWASP précise que certaines mesures, comme la journalisation, la surveillance et la limitation du débit, ne préviennent pas l'autonomie excessive mais limitent les dégâts3. Le NIST présente son cadre de gestion des risques de l'IA comme destiné à un usage volontaire4. Le NCSC britannique indique que la sécurité d'un système d'IA doit être une exigence dès la conception et tout au long de son cycle de vie5.

Fiche

Identifiant
CP-508
Aile
4. Intelligence artificielle
Compétence Brain
Usage responsable (use_responsibly)
Réflexe Brain
air-039
Schéma
G3 · Coupe Anatomique
Langues
de, en, fr
Sources
5 sources vérifiées le 3 novembre 2026
Sources5 sources
  1. CNIL, « Intelligence artificielle | CNIL ». https://www.cnil.fr/fr/intelligence-artificielle (consulté le 3 novembre 2026)
  2. OWASP, « LLM01:2025 Prompt Injection ». https://genai.owasp.org/llmrisk/llm01-prompt-injection/ (consulté le 3 novembre 2026)
  3. OWASP, « LLM06:2025 Excessive Agency ». https://genai.owasp.org/llmrisk/llm062025-excessive-agency/ (consulté le 3 novembre 2026)
  4. NIST, « AI Risk Management Framework ». https://www.nist.gov/itl/ai-risk-management-framework (consulté le 3 novembre 2026)
  5. NCSC (Royaume-Uni), « Guidelines for secure AI system development », 27 novembre 2023. https://www.ncsc.gov.uk/collection/guidelines-secure-ai-system-development (consulté le 3 novembre 2026)

Citer cet article

Brain, « Validation humaine des agents IA », Cyberpedia, 2026. https://startbrain.io/cyberpedia/fr/articles/validation-humaine-agents-ia-actions-interdites/

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