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Quishing : le piège du QR code

Un QR code piégé cache son adresse dans une image et mène à une fausse page de connexion. Comment le repérer et que faire avant de scanner.

En 30 secondes

Où ça arrive
E-mails, SMS, fausses factures, affiches, menus, étiquettes de produits, PDF ou tableurs partagés1.
Ce que veut l'attaquant
Vous envoyer sur une fausse page de connexion, ou vous faire télécharger un logiciel malveillant1.
Le réflexe
Avant de scanner un code, vérifiez son origine par un autre canal, par exemple un appel à l'expéditeur1.
Si c'est déjà fait
Ne saisissez ni identifiants ni coordonnées de paiement tant que l'authenticité du site n'est pas confirmée1. Signalez le message, puis supprimez-le sans répondre2.

De quoi parle-t-on

Le quishing est une attaque de hameçonnage (phishing) qui passe par un QR code. Le code est une image : il ne montre pas l'adresse qu'il contient, et l'utilisateur ne la voit pas à l'avance1.

Pour un salarié, le piège tient à un geste banal. On scanne un code reçu dans un e-mail, collé sur une affiche ou glissé dans un document partagé, et l'on arrive sur une page qui demande de se connecter ou de payer1.

Questions directes

Qu'est-ce que le quishing ?

C'est du phishing par QR code. Proofpoint le décrit comme une attaque d'ingénierie sociale qui redirige les victimes vers des sites malveillants ou déclenche des téléchargements de logiciels malveillants. Contrairement au phishing classique, qui repose sur des liens écrits en toutes lettres, il passe par un code image1.

Pourquoi un QR code est-il plus difficile à juger qu'un lien ?

Parce que l'adresse est invisible. Proofpoint note que l'utilisateur ne peut pas voir à l'avance l'URL contenue dans le code, ce qui rend l'outil exploitable1.

Pourquoi les filtres de l'entreprise ne le voient-ils pas toujours ?

Selon Proofpoint, le quishing contourne les filtres de messagerie1. Tim Bedard, d'IBM Expert Labs, cité par la même page, explique que les outils de sécurité des e-mails cherchent des liens suspects connus dans les messages, mais n'analysent pas les images pour y trouver des liens cachés dans un QR code1. Des solutions spécialisées existent : elles extraient les QR codes des e-mails et des pièces jointes comme les PDF, décodent l'adresse et évaluent son risque1.

Mon téléphone personnel est-il concerné ?

Oui. Proofpoint écrit que cette tactique rend les organisations vulnérables à la fois par les appareils professionnels et par les appareils personnels1. La page ne détaille pas ce point davantage.

Que faire avant de scanner ?

Proofpoint conseille de confirmer la légitimité d'un code auprès de l'expéditeur par un autre canal, comme un appel téléphonique, avant de scanner un code reçu par e-mail, par SMS ou dans un lieu public1. La CISA ajoute une règle générale : si un message pourrait être réel, ne cliquez sur aucun lien et n'appelez aucun numéro qu'il contient, cherchez un autre moyen de joindre l'entreprise ou la personne2.

Que faire si le code semble suspect ?

La CISA recommande de signaler le message, puis de le supprimer sans répondre2. Le NCSC britannique rappelle que signaler un message frauduleux est gratuit et prend une minute, et qu'il a le pouvoir d'enquêter sur les adresses et les sites frauduleux pour les faire retirer3. Dans une entreprise, Proofpoint recommande des canaux clairs pour que les salariés puissent signaler un code suspect sans crainte de représailles1. Le NCSC observe de son côté que des salariés qui craignent pour leur emploi ne signalent pas leurs erreurs4.

1Dans la peau de l'attaquant1 min

Selon Proofpoint, la méthode suit quatre étapes1.

  • Créer le code. Des outils en ligne gratuits produisent des QR codes qui pointent vers un site de hameçonnage ou vers un domaine hébergeant un logiciel malveillant.
  • Le diffuser. Le code est placé dans un e-mail de phishing, sur une fausse facture, sur une affiche, dans un menu de restaurant, ou collé par-dessus un QR code légitime.
  • Pousser à agir vite. Les messages invitent à une action immédiate, par exemple « Scan to unlock a discount » ou « Verify your account ».
  • Exploiter le scan. La victime arrive sur une fausse page de connexion, un collecteur d'identifiants ou un téléchargement de logiciel malveillant.

Le MITRE ATT&CK range le phishing parmi les techniques d'accès initial. Il décrit l'usurpation de l'identité de l'expéditeur, qui peut tromper à la fois le destinataire et les outils de sécurité automatiques, ainsi que le « thread hijacking » (détournement de fil) : l'attaquant inclut la cible dans une conversation existante dont les messages contiennent des fichiers ou des liens malveillants5. La page MITRE consultée ne parle pas de QR code : ces ruses sont celles du phishing en général.

2Ce que vous voyez à l'écran1 min

Le message type demande de scanner un code, souvent avec une raison pressante. Proofpoint cite « Scan to avoid account suspension » comme exemple de leurre fondé sur l'urgence1. Les codes se présentent aussi comme des alertes de « vérification de compte » ou des avis d'expédition, avec une banque, une administration ou un fournisseur en expéditeur apparent1.

Dans les lieux publics, Proofpoint cite les menus de restaurant, les parcmètres, les affiches de magasin et les prospectus d'événement, avec des promesses de réduction, d'accès WiFi ou de contenu exclusif1. Dans l'entreprise, des codes peuvent se cacher dans des PDF ou des tableurs internes qui se font passer pour des enquêtes ou des supports de formation1.

Une fois la page ouverte, la CISA liste les signes classiques de phishing : un langage urgent ou émotionnel, une demande d'informations personnelles ou financières, des adresses raccourcies non fiables, des adresses ou liens erronés comme « amazan.com »2. Proofpoint cite de son côté « arnazon.com »1. La CISA précise que l'ancien signe des fautes d'orthographe n'est plus sûr : à l'époque de l'intelligence artificielle, certains e-mails ont une grammaire parfaite2.

Le NCSC prévient qu'aucune formation ne permet de repérer toutes les tentatives, et qu'examiner chaque e-mail en détail ne laisserait pas assez d'heures pour le travail4.

3Sous le capotÉquipes IT1 min

Un QR code est une matrice lisible par machine qui peut contenir jusqu'à 7 089 caractères numériques ou des URL, accessible avec l'appareil photo d'un smartphone ou une application de lecture. Sa conception inclut une correction d'erreurs, qui lui permet de fonctionner même partiellement endommagé1.

Côté défense, Proofpoint décrit plusieurs couches. Les moteurs d'analyse utilisent des modèles de vision par ordinateur pour trouver les QR codes dans les e-mails, décoder les adresses et évaluer leur risque. Le bac à sable en ligne extrait les codes des pièces jointes et simule la visite des adresses dans un environnement isolé avant la livraison. Selon Microsoft, cité par Proofpoint, ce contrôle avant livraison a bloqué environ 1,5 million de tentatives de quishing par jour en 20241.

Contre les identifiants volés sur ces fausses pages, Proofpoint recommande l'authentification multifacteur, et les protocoles DMARC, SPF et DKIM contre les e-mails usurpés1. Le NCSC explique que DMARC empêche les hameçonneurs d'usurper le domaine d'une organisation, et qu'il faut plusieurs couches de défense plutôt que de miser sur le seul œil des utilisateurs, car certaines attaques passeront toujours4.

4AutopsiesCas réels1 min

2023 : de fausses factures d'entreprise

Proofpoint rapporte une attaque de 2023 qui imitait des factures d'entreprise. Les employés étaient dirigés vers de faux portails de paiement1. La page ne nomme ni l'entreprise visée ni l'auteur de l'attaque.

2024 : des menus de restaurant recouverts

Selon Proofpoint, une campagne de 2024 a visé des chaînes de restaurants en superposant des QR codes malveillants sur les menus imprimés. Les clients étaient redirigés vers des pages de collecte d'identifiants qui imitaient des programmes de fidélité1. Là encore, la source ne donne pas de nom de chaîne.

Ces deux cas viennent d'une seule source commerciale, qui ne donne pas de chiffres de victimes. Le NCSC britannique a aussi publié le 8 février 2024 un billet intitulé « QR Codes - what's the real risk? », dont la page consultée ne reproduit que le titre et une phrase d'accroche3.

Fiche

Identifiant
CP-006
Aile
1. Attaques et techniques
Compétence Brain
Détecter le phishing (detect_phishing)
Réflexe Brain
cr-006
Schéma
G1 · Chaîne d'attaque (Kill Chain)
Langues
de, en, fr
Sources
5 sources vérifiées le 3 novembre 2026
Sources5 sources
  1. Proofpoint, « What Is Quishing (QR Phishing)? Definition | Proofpoint US », 31 mars 2025. https://www.proofpoint.com/us/threat-reference/quishing (consulté le 3 novembre 2026)
  2. CISA, « Recognize and Report Phishing | CISA ». https://www.cisa.gov/secure-our-world/recognize-and-report-phishing (consulté le 3 novembre 2026)
  3. NCSC (Royaume-Uni), « Phishing scams: how to spot and report them », 26 novembre 2021. https://www.ncsc.gov.uk/collection/phishing-scams (consulté le 3 novembre 2026)
  4. NCSC (Royaume-Uni), « Phishing attacks: defending your organisation », 5 février 2018. https://www.ncsc.gov.uk/guidance/phishing (consulté le 3 novembre 2026)
  5. MITRE ATT&CK, « Phishing, Technique T1566 - Enterprise | MITRE ATT&CK® ». https://attack.mitre.org/techniques/T1566/ (consulté le 3 novembre 2026)

Citer cet article

Brain, « Quishing : le piège du QR code », Cyberpedia, 2026. https://startbrain.io/cyberpedia/fr/articles/quishing-qr-code-pieges/

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