Objets connectés et réseau isolé
Caméras, enceintes et téléviseurs connectés peuvent ouvrir une porte sur votre réseau. Voici comment les configurer et les tenir à l'écart du travail.
En 30 secondes
- Où ça arrive
- Sur le Wi-Fi du domicile ou du bureau, dès qu'une caméra, une enceinte ou un téléviseur connecté y est branché.
- Ce que veut l'attaquant
- Deviner le mot de passe de l'objet, s'y connecter, puis s'en servir pour accéder au réseau ou mener d'autres attaques1.
- Le réflexe
- Changer le mot de passe d'origine, activer les mises à jour et couper les fonctions inutiles12.
- Si c'est déjà fait
- Si vous pensez qu'un objet a été pris en main par quelqu'un, réinitialisez-le en suivant les instructions du fabricant1.
De quoi parle-t-on
Une caméra, une enceinte, un téléviseur, un thermostat : tous ces objets se branchent au même réseau Wi-Fi que l'ordinateur portable. Le NCSC britannique les range sous le nom d'objets connectés (« smart devices ») et y inclut aussi des appareils ordinaires, comme un réfrigérateur, une bouilloire ou un lave-linge1.
Au bureau comme à la maison, un objet mal protégé peut servir de point d'entrée vers le reste du réseau. Cette fiche explique pourquoi, et comment réduire le risque sans compétence technique particulière.
Questions directes
Pourquoi un objet connecté met-il le réseau en danger ?
Parce qu'il reste un appareil du réseau, sans en avoir la protection habituelle. Le NCSC explique qu'un fabricant doit publier des correctifs pour les failles de ses produits, et que sans ces correctifs l'objet devient plus facile à pirater1. La CISA ajoute que beaucoup d'équipements réseau, surtout les routeurs de petit bureau ou de domicile, n'exécutent pas d'antivirus ni d'outils de contrôle3.
Un mot de passe d'origine est-il vraiment un problème ?
Oui. Selon la CISA, les identifiants par défaut peuvent se trouver sur Internet ou même être inscrits sur l'appareil. Les laisser en place permet à des acteurs malveillants d'accéder à des informations, d'installer un logiciel malveillant et de provoquer d'autres dégâts2.
Mon réseau est trop petit pour intéresser quelqu'un, non ?
La CISA range cette idée parmi deux idées fausses courantes, avec celle selon laquelle les appareils seraient « assez sûrs » dès la sortie de la boîte. Elle précise que la plupart des attaques ne sont pas personnelles et peuvent toucher n'importe quel réseau, grand ou petit2.
Une enceinte vocale écoute-t-elle en permanence ?
La CNIL décrit une enceinte toujours à l'écoute du mot-clé, mais qui n'enregistre rien en principe tant qu'elle ne l'a pas entendu. Des fausses activations restent possibles, par exemple quand un mot ressemble au mot d'activation4. La plupart des appareils envoient les requêtes dans le cloud, c'est-à-dire sur les serveurs du concepteur de l'assistant4.
Faut-il acheter le dernier modèle pour être en sécurité ?
Non. Le NCSC indique qu'il n'est pas nécessaire d'acheter l'appareil le plus récent ou le plus cher. Il recommande en revanche d'éviter, si possible, un appareil qui n'est plus pris en charge par son fabricant ou dont le support va bientôt s'arrêter1.
1Comment ça marche1 min
Un attaquant qui a pris pied sur un réseau cherche d'abord ce qui s'y trouve. La base MITRE ATT&CK décrit cette étape : l'adversaire tente d'obtenir la liste des services qui tournent sur des machines distantes et sur les équipements du réseau local, y compris ceux qui pourraient être vulnérables à une exploitation à distance5. C'est là que la séparation des réseaux joue. La CISA décrit la segmentation comme un moyen d'empêcher un intrus de propager ses attaques ou de se déplacer latéralement dans un réseau interne. Sur un réseau mal segmenté, il peut étendre son emprise jusqu'à des équipements critiques ou des données sensibles3. Un réseau correctement séparé peut au contraire contenir l'incident et en réduire l'effet3.
Le NIST, côté fabricants, tient un programme dédié à la cybersécurité des objets connectés. Il y publie des recommandations pour les fabricants et pour les entreprises qui déploient ces objets6. L'ENISA a de son côté publié en novembre 2017 une étude de recommandations de sécurité de base pour l'Internet des objets7.
2Ce que vous faites1 min
- Changez le mot de passe d'origine. Le NCSC demande de le changer si l'appareil en fournit un, et d'en choisir un solide, par exemple en combinant trois mots au hasard1.
- Activez la vérification en deux étapes si l'objet ou son application la propose1.
- Coupez l'accès à distance si vous n'avez pas besoin de joindre l'objet hors de votre Wi-Fi1.
- Installez les mises à jour. Activez l'installation automatique si elle existe, et installez les mises à jour manuelles dès qu'elles sont proposées1.
- Supprimez ce qui ne sert pas. La CISA recommande de désactiver les services inutiles, car les services et logiciels non utilisés peuvent créer des failles2. Elle conseille aussi de désactiver UPnP quand il n'est pas nécessaire : selon elle, un logiciel malveillant présent dans le réseau peut s'en servir pour contourner le pare-feu du routeur2.
- Désactivez la gestion à distance du routeur, qui permet de consulter et de modifier ses réglages depuis Internet2.
- Séparez les éléments sensibles. La CISA recommande de les répartir dans des segments de réseau distincts3.
- Surveillez les connexions inconnues. La CISA suggère de repérer les appareils non autorisés qui rejoignent le réseau, à l'aide du site du fabricant du routeur2.
- Avant de revendre ou de donner un objet, faites une réinitialisation d'usine, qui doit aussi effacer vos données personnelles1.
3Les pièges2 min
Le premier piège est l'appareil livré avec un mot de passe partagé sur Internet. Au Royaume-Uni, une loi s'applique depuis le 29 avril 2024 : tous les objets connectés doivent respecter des exigences de base, dont l'indication de la date de fin de support, et les fabricants doivent s'assurer que les appareils ne sont pas livrés avec des mots de passe par défaut, qui peuvent facilement être partagés en ligne1. Cette règle vaut pour le Royaume-Uni. Ailleurs, rien ne garantit que l'objet acheté a été prévu ainsi.
Le deuxième piège est l'achat d'un objet sans support. Le NCSC invite à voir la date de fin de support comme une date limite de consommation : passé ce délai, l'appareil est plus facile à pirater ou peut cesser de fonctionner1. La CISA note de son côté que les fournisseurs d'accès ne remplacent pas toujours un équipement une fois qu'il n'est plus pris en charge par son fabricant3.
Le troisième piège est de croire que l'objet est sûr dès la sortie de la boîte. Les configurations d'usine sont souvent trop permissives, pensées pour faciliter l'installation et non pour la sécurité2.
Le dernier piège est l'oubli. Une fois installés, beaucoup d'équipements ne sont pas maintenus au même niveau de sécurité que les ordinateurs, et les propriétaires les négligent aussi quand ils cherchent des intrus après une attaque3.
Fiche
- Identifiant
- CP-344
- Aile
- 5. Vie au bureau et réflexes
- Compétence Brain
- Naviguer en sécurité (browse_safely)
- Réflexe Brain
- cr-074
- Schéma
- G2 · Comparatif Mythe vs Réalité
- Langues
- de, en, fr
- Sources
- 7 sources vérifiées le 3 novembre 2026
Sources7 sources
- NCSC (Royaume-Uni), « Smart devices: using them safely in your home », 15 février 2019. https://www.ncsc.gov.uk/guidance/smart-devices-in-the-home (consulté le 3 novembre 2026)
- CISA, « Home Network Security », 1 février 2021. https://www.cisa.gov/news-events/news/home-network-security (consulté le 3 novembre 2026)
- CISA, « Securing Network Infrastructure Devices », 6 septembre 2006. https://www.cisa.gov/news-events/news/securing-network-infrastructure-devices (consulté le 3 novembre 2026)
- CNIL, « Le fonctionnement des assistants vocaux en 5 étapes », 5 décembre 2017. https://www.cnil.fr/fr/le-fonctionnement-des-assistants-vocaux-en-5-etapes (consulté le 3 novembre 2026)
- MITRE ATT&CK, « Network Service Discovery, Technique T1046 - Enterprise | MITRE ATT&CK® ». https://attack.mitre.org/techniques/T1046/ (consulté le 3 novembre 2026)
- NIST, « NIST Cybersecurity for IoT Program ». https://www.nist.gov/itl/applied-cybersecurity/nist-cybersecurity-iot-program (consulté le 3 novembre 2026)
- ENISA, « Baseline Security Recommendations for IoT », 20 novembre 2017. https://www.enisa.europa.eu/publications/baseline-security-recommendations-for-iot (consulté le 3 novembre 2026)
Citer cet article
Brain, « Objets connectés et réseau isolé », Cyberpedia, 2026. https:/
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