IMSI-catcher : la fausse antenne-relais
Un faux relais mobile peut se placer entre votre téléphone et le réseau. Ce que disent les sources sur ce risque, et ce que vous pouvez faire.
En 30 secondes
- Où ça arrive
- À portée d'un faux relais, un appareil capable de capter le trafic d'un téléphone après sa sortie de l'appareil1.
- Ce que veut l'attaquant
- Se placer entre le téléphone et sa destination pour capturer le trafic, ou en suivre la position13.
- Le réflexe
- Préférer des applications qui chiffrent leur trafic, qui peut écarter certaines formes d'interception, et garder le système à jour, ce qui complique l'enregistrement d'une application comme fournisseur VPN1. Ces deux mesures ne protègent pas à coup sûr d'un faux relais.
- Si vous êtes très ciblé
- La CISA presse les personnes « highly targeted » d'appliquer sans délai les bonnes pratiques de son guide6.
De quoi parle-t-on
Cette fiche traite du faux relais mobile, souvent appelé IMSI-catcher. Les sources du dossier n'emploient pas ce terme. MITRE ATT&CK classe dans la famille « Adversary-in-the-Middle » l'attaquant qui se place entre deux appareils reliés en réseau, et cite parmi ses moyens hors du téléphone une « rogue base station », c'est-à-dire une station de base pirate, ou un point d'accès Wi-Fi pirate1.
Pour un salarié, le risque tient à ceci : le trafic est capté après avoir quitté le téléphone, pendant son trajet vers sa destination1. Cette fiche s'en tient à ce que les sources du dossier établissent. Elles décrivent le principe général et les protections, pas le détail de chaque variante d'équipement.
Questions directes
Qu'est-ce qu'un IMSI-catcher ?
Les sources du dossier n'emploient pas ce mot. Elles parlent d'une « rogue base station », une station de base pirate1. MITRE décrit la famille d'attaques correspondante : un adversaire s'interpose entre des appareils en réseau pour manipuler des données transmises ou perturber un terminal1. Les sources du dossier ne définissent pas l'IMSI, mais elles montrent qu'il intéresse les logiciels espions : la fiche MITRE sur la découverte de la configuration réseau parle des identifiants de téléphonie comme l'IMSI, l'IMEI et le numéro de téléphone2.
Mon téléphone se connecte-t-il à n'importe quelle antenne ?
Les sources du dossier ne décrivent pas la procédure de connexion d'un téléphone à une antenne. Elles ne détaillent donc ni le passage forcé en 2G, ni l'authentification entre le téléphone et le réseau. Le guide NIST SP 800-187 traite de la sécurité du réseau LTE (4G) et de l'analyse des menaces qui le visent4. Le texte de la page ne permet pas d'en dire plus ici.
Un faux relais lit-il mes messages ?
Cela dépend du chiffrement du trafic réseau par les applications. MITRE écrit que, si les applications chiffrent correctement leur trafic, les données sensibles peuvent rester inaccessibles à l'adversaire, selon l'endroit de la capture1. La page cite deux dispositifs : Application Transport Security chez Apple et Network Security Configuration sur Android1.
Peut-on me localiser avec ce genre d'outil ?
La localisation fait partie des objectifs d'un attaquant sur mobile. MITRE décrit surtout le suivi par des applications malveillantes qui obtiennent les permissions de localisation3. Une sous-technique de cette page est nommée « Impersonate SS7 Nodes » : l'attaquant imite des nœuds du réseau de signalisation SS7. La page ne la détaille pas dans le texte récupéré3.
1Dans la peau de l'attaquant1 min
L'attaquant cherche une position d'intermédiaire. D'après MITRE, cette position sert à des actions ultérieures, comme la manipulation de données transmises ou le déni de service sur un terminal1. Un faux relais mobile y arrive hors du téléphone, selon la description de MITRE1.
L'identifiant de la carte SIM a de la valeur pour lui. Des logiciels malveillants mobiles (FakeSpy, SpyDealer, XLoader pour Android) et le groupe APT-C-23 figurent parmi les exemples listés par MITRE pour la collecte de ces identifiants2. Ces cas concernent des applications installées sur le téléphone, pas un faux relais.
La position intéresse aussi l'attaquant. MITRE cite le cas de FrozenCell, qui a utilisé un service en ligne de géolocalisation par antenne-relais pour suivre ses cibles3. Ici encore, la page décrit l'usage d'un service en ligne, pas un faux relais.
2Ce que vous voyez à l'écran1 min
Les sources du dossier ne décrivent pas de signe visible propre au faux relais. Elles ne mentionnent ni bascule du réseau vers la 2G, ni batterie qui se vide, ni appels ou SMS perdus. Aucun de ces symptômes ne peut donc être présenté comme un indice établi.
Un point de vigilance existe pourtant côté appels, sans lien établi avec un faux relais. MITRE décrit, pour les applications Android, un adversaire qui peut passer, transférer ou bloquer des appels sans l'accord de l'utilisateur, par exemple pour écouter ou pour détourner les appels du propriétaire5.
3Sous le capotÉquipes IT1 min
Le texte de MITRE sur la capture de trafic distingue deux situations. Dans la première, une application malveillante se déclare client VPN pour rediriger le trafic de l'appareil vers des ressources de l'adversaire. Cela demande le consentement de l'utilisateur sur Android et sur iOS, et une autorisation spéciale d'Apple sur iOS1. Dans la seconde, l'adversaire agit hors du téléphone, avec une station de base ou un point d'accès Wi-Fi pirate, et capte le trafic en chemin1. Sur un réseau local, d'autres méthodes existent, comme l'empoisonnement du cache ARP ou l'usurpation DHCP1.
Côté identifiants, Android a durci l'accès. Depuis Android 10, seules les applications préinstallées, celles de l'opérateur, l'application SMS par défaut et les applications de propriétaire d'appareil ou de profil peuvent lire les identifiants de téléphonie, dont l'IMSI2. Sur iOS, la collecte d'informations de configuration réseau n'est pas possible sans accès root2.
Les protections listées par MITRE contre l'interception sont de deux types : chiffrer le trafic réseau, et utiliser une version récente du système, car les versions récentes rendent plus difficile l'enregistrement d'une application comme fournisseur VPN1.
4AutopsiesCas réels1 min
Les sources du dossier ne rapportent aucun incident d'IMSI-catcher daté et attribué. Deux documents datés servent de repères.
Décembre 2017 : le guide NIST sur la sécurité LTE
Le NIST a publié la version finale de la fiche SP 800-187, « Guide to LTE Security », en décembre 20174. Le document présente le fonctionnement des réseaux LTE et leur architecture de sécurité. Il analyse ensuite les menaces et les parades4. La page ne dit pas que ce guide traite de faux relais.
Mars 2026 : le guide de la CISA sur les communications mobiles
La CISA a révisé le 13 mars 2026 son guide de bonnes pratiques pour les communications mobiles6. Il répond à des activités d'espionnage menées par des acteurs liés à des États, en particulier des acteurs liés au gouvernement chinois qui visent des infrastructures de télécommunications commerciales6. Il s'adresse aux personnes « highly targeted », comme des hauts responsables du gouvernement, de l'armée ou de la politique6. La CISA presse ces personnes d'appliquer sans délai les bonnes pratiques du guide6. La page ne cite pas de faux relais.
5Les gestes qui comptent1 min
Les sources du dossier appuient trois gestes. Le premier : mettre le système à jour, parce que les versions récentes compliquent l'enregistrement d'une application comme fournisseur VPN1 et restreignent l'accès aux identifiants de téléphonie sur Android2. Le deuxième : préférer des applications qui chiffrent leur trafic, qui peut écarter certaines formes d'interception1. Le troisième : si votre poste vous expose, lire et appliquer le guide de la CISA6. Désactiver le 2G n'est pas un conseil que les sources du dossier permettent de formuler.
Fiche
- Identifiant
- CP-083
- Aile
- 1. Attaques et techniques
- Compétence Brain
- Sécuriser ses appareils (secure_devices)
- Réflexe Brain
- cr-050
- Schéma
- G3 · Coupe Anatomique
- Langues
- de, en, fr
- Sources
- 6 sources vérifiées le 3 novembre 2026
Sources6 sources
- MITRE ATT&CK, « Adversary-in-the-Middle, Technique T1638 - Mobile | MITRE ATT&CK® ». https://attack.mitre.org/techniques/T1638/ (consulté le 3 novembre 2026)
- MITRE ATT&CK, « System Network Configuration Discovery, Technique T1422 - Mobile | MITRE ATT&CK® ». https://attack.mitre.org/techniques/T1422/ (consulté le 3 novembre 2026)
- MITRE ATT&CK, « Location Tracking, Technique T1430 - Mobile | MITRE ATT&CK® ». https://attack.mitre.org/techniques/T1430/ (consulté le 3 novembre 2026)
- NIST, « SP 800-187, Guide to LTE Security | CSRC », 21 décembre 2017. https://csrc.nist.gov/pubs/sp/800/187/final (consulté le 3 novembre 2026)
- MITRE ATT&CK, « Call Control, Technique T1616 - Mobile | MITRE ATT&CK® ». https://attack.mitre.org/techniques/T1616/ (consulté le 3 novembre 2026)
- CISA, « Mobile Communications Best Practice Guidance | CISA ». https://www.cisa.gov/resources-tools/resources/mobile-communications-best-practice-guidance (consulté le 3 novembre 2026)
Citer cet article
Brain, « IMSI-catcher : la fausse antenne-relais », Cyberpedia, 2026. https:/
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