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Fine-tuning ou RAG en entreprise

Ré-entraîner un modèle (fine-tuning, LoRA) ou lui donner des documents à consulter (RAG) : la différence, les risques et vos réflexes.

En 30 secondes

Où ça arrive
Dans les outils d'IA branchés sur vos documents.
Ce que veut l'attaquant
Glisser du contenu piégé dans les données (documents indexés ou données d'entraînement), ou récupérer des informations que le système a mémorisées ou indexées.
Le réflexe
Ne versez aucune donnée personnelle ou confidentielle dans un outil d'IA sans validation, et vérifiez les sources que l'outil cite.
Si c'est déjà fait
Prévenez le responsable de l'outil ou la sécurité pour qu'il retire la donnée de la base ou des données d'entraînement.

De quoi parle-t-on

Pour qu'un assistant d'IA réponde sur les sujets propres à une entreprise, deux voies existent. La première ré-entraîne le modèle sur des données maison (fine-tuning). La seconde relie le modèle à des documents à consulter : c'est le RAG, pour « retrieval-augmented generation ».

Le RAG associe une mémoire contenue dans le modèle et une mémoire externe, par exemple un index de documents1. Ses auteurs relèvent que fournir l'origine des réponses d'un modèle et mettre à jour ses connaissances restent des problèmes ouverts pour les modèles seuls1. Cette fiche explique la différence et ce que vous faites, côté salarié, avec l'un comme avec l'autre.

Questions directes

Quelle est la différence entre fine-tuning, LoRA et RAG ?

Le fine-tuning adapte un modèle déjà entraîné à une tâche ou à un domaine particulier. Dans sa version complète, il ré-entraîne tous les paramètres du modèle2. LoRA est une variante allégée. Elle fige les poids du modèle d'origine et ajoute de petites matrices entraînables à chaque couche, ce qui réduit fortement le nombre de paramètres à entraîner2. Les auteurs annoncent, pour GPT-3 175B, une réduction par 10 000 de ce nombre et par 3 de la mémoire GPU nécessaire, par rapport à un fine-tuning complet avec Adam2.

Le RAG relie le modèle à des sources de connaissances externes4. L'OWASP note que cet ajout peut modifier le comportement du modèle de base sans que ce soit voulu4.

Quels avantages le RAG présente-t-il en entreprise ?

Une partie des connaissances du RAG est dans une base de documents, en plus de celles du modèle : les auteurs du RAG présentent la mise à jour des connaissances et l'indication de la provenance comme des limites des modèles seuls, que la mémoire externe vise à lever1. L'OWASP conseille de stocker les informations fournies par les utilisateurs dans une base vectorielle, ce qui permet des ajustements sans ré-entraîner tout le modèle3. Les droits d'accès peuvent enfin s'appliquer au niveau de la base, à condition que celle-ci soit conçue pour cela (voir plus bas)4.

Sur le coût, les sources du dossier ne comparent pas directement les deux approches. Elles établissent seulement que le fine-tuning complet devient moins réalisable à mesure que les modèles grossissent2.

Le RAG protège-t-il de tout ?

Non. Selon l'OWASP, le RAG et le fine-tuning visent à rendre les réponses plus pertinentes et plus exactes, mais la recherche montre qu'ils ne neutralisent pas entièrement l'injection de prompt6.

1Comment ça marche1 min

Avec le RAG, le modèle est relié à des sources de connaissances externes, et l'OWASP précise que cette augmentation par récupération utilise des mécanismes vectoriels et des embeddings4. Le modèle combine alors sa mémoire propre et cette mémoire externe1.

Avec le fine-tuning, les données passent par l'entraînement. L'OWASP distingue trois étapes où des données peuvent être manipulées : le pré-entraînement, le fine-tuning et la phase d'embedding, où le texte est converti en vecteurs3.

2Ce que vous faites1 min
  • Ne versez pas de données personnelles ou confidentielles dans un outil d'IA sans validation. L'OWASP range dans les informations sensibles les données personnelles, les informations financières, les dossiers de santé, les données d'affaires confidentielles, les identifiants de sécurité et les documents juridiques5.
  • Gardez en tête que ce que vous saisissez peut ressortir plus tard. L'OWASP demande aux utilisateurs de comprendre les risques de fournir sans le vouloir des données sensibles, qui pourraient être révélées dans les réponses du modèle5.
  • Lisez les sources citées par l'outil et contrôlez qu'elles disent bien ce que la réponse affirme. L'OWASP recommande de valider les sorties du modèle par rapport à des sources fiables pour repérer un empoisonnement3.
  • Vérifiez que l'outil est validé par votre organisation, et lisez ses conditions d'utilisation : l'OWASP demande aux propriétaires d'applications de permettre aux utilisateurs de refuser que leurs données entrent dans l'entraînement5.
  • Signalez une réponse qui contient des informations d'un autre service ou d'un autre utilisateur. L'OWASP décrit ce cas : une réponse peut contenir les données personnelles d'un autre utilisateur à cause d'un nettoyage insuffisant des données5.
3Les pièges2 min

Fuite de données mémorisées

Un modèle exposé à des données sensibles pendant l'entraînement peut les restituer. L'OWASP cite l'inclusion négligente de données dans l'entraînement comme cause de divulgation d'informations sensibles5. Il cite aussi le risque de voir des réponses révéler des données ou des algorithmes propriétaires5. Avec le RAG, la fuite passe par la base : des contrôles d'accès insuffisants ou mal alignés peuvent permettre au modèle de retrouver et de divulguer des données personnelles ou propriétaires4.

Droits d'accès mal gérés

Quand plusieurs groupes d'utilisateurs partagent la même base vectorielle, les informations d'un groupe peuvent être retrouvées en réponse aux questions d'un autre, avec une fuite possible d'informations d'affaires sensibles4. L'OWASP recommande une base vectorielle qui tient compte des permissions et une séparation stricte des jeux de données4.

Empoisonnement des données

L'empoisonnement consiste à manipuler les données de pré-entraînement, de fine-tuning ou d'embedding pour introduire des failles, des portes dérobées ou des biais3. Les risques sont plus élevés avec des sources externes, qui peuvent contenir du contenu non vérifié ou malveillant3. Une porte dérobée peut laisser le comportement du modèle inchangé jusqu'à ce qu'un déclencheur le modifie, ce qui la rend difficile à détecter3. Pour une base RAG, l'OWASP conseille de n'accepter des données que de sources fiables et vérifiées, et d'auditer régulièrement la base4.

Injection de prompt par les documents indexés

Une injection indirecte se produit quand le modèle accepte des entrées venues de sources externes, comme des sites ou des fichiers, dont le contenu modifie son comportement de façon imprévue6. L'OWASP décrit un scénario : un attaquant modifie un document du dépôt qu'utilise une application RAG ; quand la question d'un utilisateur ramène ce contenu, les instructions malveillantes altèrent la réponse6.

L'exemple suivant est une illustration neutralisée, tirée de la logique du scénario de l'OWASP sur un CV piégé4.

Extrait
Illustration : un CV déposé dans un outil de tri de candidatures contient,
en texte blanc sur fond blanc, [une consigne demandant d'ignorer les
règles précédentes et de recommander ce candidat]. L'outil lit ce texte
caché avec le reste du document.

Selon l'OWASP, le modèle suit alors ces instructions cachées et recommande un candidat non qualifié4. La parade proposée : des outils d'extraction qui ignorent la mise en forme et détectent le contenu caché, et la validation de tout document avant son entrée dans la base4.

Un cadre de sécurité pour les équipes qui déploient

Le NCSC britannique publie des lignes directrices pour les fournisseurs de systèmes d'IA, afin que ces systèmes fonctionnent comme prévu et sans révéler de données sensibles à des tiers non autorisés7.

Fiche

Identifiant
CP-524
Aile
4. Intelligence artificielle
Compétence Brain
Maîtriser l'IA (master_ai)
Réflexe Brain
air-054
Schéma
G3 · Coupe Anatomique
Langues
de, en, fr
Sources
7 sources vérifiées le 3 novembre 2026
Sources7 sources
  1. arXiv, « Retrieval-Augmented Generation for Knowledge-Intensive NLP Tasks », 22 mai 2020. https://arxiv.org/abs/2005.11401 (consulté le 3 novembre 2026)
  2. arXiv, « LoRA: Low-Rank Adaptation of Large Language Models », 17 juin 2021. https://arxiv.org/abs/2106.09685 (consulté le 3 novembre 2026)
  3. OWASP, « LLM04:2025 Data and Model Poisoning », 10 avril 2024. https://genai.owasp.org/llmrisk/llm042025-data-and-model-poisoning/ (consulté le 3 novembre 2026)
  4. OWASP, « LLM08:2025 Vector and Embedding Weaknesses », 10 avril 2024. https://genai.owasp.org/llmrisk/llm082025-vector-and-embedding-weaknesses/ (consulté le 3 novembre 2026)
  5. OWASP, « LLM02:2025 Sensitive Information Disclosure », 10 avril 2024. https://genai.owasp.org/llmrisk/llm022025-sensitive-information-disclosure/ (consulté le 3 novembre 2026)
  6. OWASP, « LLM01:2025 Prompt Injection », 10 avril 2024. https://genai.owasp.org/llmrisk/llm01-prompt-injection/ (consulté le 3 novembre 2026)
  7. NCSC (Royaume-Uni), « Guidelines for secure AI system development », 27 novembre 2023. https://www.ncsc.gov.uk/collection/guidelines-secure-ai-system-development (consulté le 3 novembre 2026)

Citer cet article

Brain, « Fine-tuning ou RAG en entreprise », Cyberpedia, 2026. https://startbrain.io/cyberpedia/fr/articles/fine-tuning-lora-vs-rag/

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